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La voie du clown  La voie du clown L Observatoire des Arts de l’Etre

 

J’ai commencé à me décrasser il y a plus de 15 ans et ce n'est pas fini ! Il faut toujours sur le métier remettre son ouvrage. Mais quel délice de prendre des douches de Soi !

 

 La société, la culture, nos racines nous ont bien souvent coupé de nous-mêmes ou d’une partie de nous-mêmes. Il y a des parts de nous que nous ne souhaitons pas voir, pas montrer. Nous les jugeons ridicules, trop petites, trop grandes, trop dures, trop simples ou … pas assez. Et en rejetant ces parts de nous-mêmes c’est nous que nous rejetons. A-t-on déjà vu dans la nature un chat, un chien, une fleur qui manquait d’amour de soi ? Cela nous paraît ridicule et pourtant … regardons-nous, ne sommes-nous pas la seule espèce vivante où nombre d’individus se rejette au nom d’une société ou d’une éducation (…) qui ont décrété que ça c’était bien et ça c’était mal et que pour être à la hauteur il nous fallait atteindre un certain modèle de beauté, d’intelligence ?

 

Albert Fratellini écrivait : "On nait clown mais la société vous change. Si vous n'avez pas changé en devenant adulte, si votre spontanéité d'enfant se poursuit et vous poursuit vous serez clown que vous le vouliez ou non.
Sinon il vous faudra opérer un sérieux retour en arrière ; Vous décrassez, débarrasser des strates que la vie sociale à déposer sur vous et revenir à votre état primitif." 

 

Le travail du clown m’a permis peu à peu d’aller à ma rencontre, me découvrir, me réunifier, de rencontrer la joie ; la joie d’être simplement, d’être qui je suis et de sourire à ça. Et à chaque fois que ma clown se présente je suis dans la justesse de l’Etre, et l’enthousiasme, au sens étymologique « En Theo » qui veut dire Dieu à l’intérieur (le divin, le sacré) m’envahit. Oui je suis littéralement habitée par ce qui est plus grand que moi.  Ce travail, fut - et c’est encore - d’une telle intensité qu’il m’a paru, il y a près de 15 ans maintenant, d’une évidence absolue que mon chemin n’était autre que celui d’accompagner les femmes – bienvenu aux hommes sensibles – qui s’étaient séparées d’elles-mêmes pour se conformer, s’unir à un modèle.

 

J’ai mis longtemps à me sentir légitime – et oui je vous ai dit le travail est long – et à considérer ce travail comme étant professionnel. Je faisais la distinction entre mon boulot de formatrice et le travail du clown et pourtant, ils sont unis, intimement. La relation à soi détermine la relation à l’autre.

 

Nous cherchons du sens … la vie n’est-elle pas un sens en soi ? Et n’est-elle pas cette petite onde qui nous traverse à chaque instant ? Prendre soin de soi c’est prendre soin de la vie. N’est-ce pas suffisant pour décider d’allonger le pas ? Alfred de Musset écrivait « ce qui compte c’est l’élégance du pas ». C’est peut-être ça vivre en poésie, c’est peut-être ça vivre, avoir la foi et allonger le pas. Ayons l’élégance de lui rendre hommage.

 

Etre clown ce n’est pas faire le Con, l’idiot, cabotiner pour amuser la galerie, non. Ca c’est être hors de soi.  Etre clown c’est vivre pleinement qui nous sommes et je crois qu’en ces temps de désordres il est grand temps que nous nous disions OUI.